8 conseils de sophrologue pour faire face à l’éco-anxiété

Vous êtes en colère qu’on n'interdise pas là, tout de suite, les pesticides en France ? Vous avez ressenti le cœur serré et une tristesse qui a perduré plusieurs jours quand vous avez vu cette photo d’ours polaire rachitique perdu sur son bout de banquise ? Vous êtes inquiets de l’avenir de vos enfants et vous vous demandez s’ils pourront respirer l’air extérieur pendant leurs vieux jours ? Vous êtes déprimé par cette impression d’attendre l’effondrement de la civilisation ou l’extinction de l’Humanité sans pouvoir changer les choses ?
Tout cela porte un nom, ou plutôt plusieurs noms : le Stress climatique, l’éco-anxieté, le burn-out écologique, ou même la solastalgie, concept développé dès 2007 par Glenn Albrecht, philosophe australien de l’environnement, dans son article « Solastalgia: The Distress Caused by Environmental Change ».

Les psychologues et autres thérapeutes voyons désormais rentrer en masse dans nos cabinets des personnes exprimant ces états de mal-être face à un monde qu’ils voient tourner à l’envers et qui les bloquent dans l’évolution de leur vie personnelle.

En gardant à l’esprit quelques préceptes simples, il est possible d’atténuer les effets délétères de cette anxiété latente pour transformer ces émotions et ces pensées entêtantes en quelque chose de positif pour nous.

1- Faites vivre vos valeurs

Il s’agit ici de faire sa part, comme le colibri lors de l’incendie de la forêt. Cette conscience de l’état du monde et les préoccupations qu’elle entraîne est le reflet des valeurs profondes qui vous animent. Sans doute s’agit-il de l’écologie bien-sûr, de la solidarité, de l’empathie, de la transmission, mais trouvez vous-même les mots qui vous parlent le plus, qui résonnent dans votre cœur quand vous les évoquez.

Cette conscience de vos valeurs sera une vraie force, comme une boussole qui vous indique le sens des choix et des actions que vous avez à faire au quotidien. A partir de là, là où vous en êtes dans votre vie, et en fonction ce qui est possible pour vous de mettre en place au vu de vos ressources (de temps, d’argent…), faites vivre ces valeurs au quotidien, à votre échelle. Votre habitat, vos achats, votre métier, vos vacances, votre alimentation, vos engagements associatifs ou politiques… voyez ce qu’il est possible pour vous, pas à pas, de faire évoluer vers la manière de vivre que vous souhaitez. De cette manière vous redonnez du sens à votre vie et vous installez une congruence entre vos pensées et vos actions. Cette congruence est un facteur infiniment puissant d’équilibre personnel.

La légende du colibri, par Pierre Rabhi

2- Acceptez profondément et sincèrement que vous n'avez pas le pouvoir de tout changer

Aussi importantes que peuvent être ces actions individuelles, il est possible que vous restiez avec cette impression que, malgré tout, les autres (vos parents, votre patron, mais peut-être carrément le Gouvernement, Trump, Macron, l’ONU...) ne font pas leur part, eux. Vous avec vos 2 gouttelettes d’eau dans votre bec de colibri, vous avez beau faire votre part, tant que les gros éléphants ne prennent pas le problème à trompe le corps, vos efforts resteront vains.

Cela peut paraître banal de dire cela, mais nous n’avons pas, chacun, le pouvoir de changer tout ce qui nous attriste sur cette planète. Faire le deuil de cette superpuissance est personnellement une des choses les plus libératrices que la sophrologie m'ait apporté.

Prenez une feuille et faites 2 colonnes. Dans la première, litez les choses sur lesquelles vous avez prise, à votre échelle, en lien avec le dérèglement climatique ou l’état de la planète. Dans la deuxième listez les choses que vous voudriez changer mais que vous ne pouvez pas.

Avec cet exercice, vous verrez qu’il y a un certain nombre de choses sur lesquelles vous vous retrouverez à négocier avec vous-même, comme peut-être au sujet de ces plages d’Indonésie que vous avez vues dans un reportage et dont on ne voyait plus le sable parce qu’elles étaient recouvertes de déchets plastiques. Ok, matériellement, vous avez toujours la possibilité de prendre un billet d’avion pour être là-bas dans 3 jours et faire une session de ramassage des déchets. Mais souhaitez-vous faire ce choix-là ? Si la réponse est non (ça me semble fort probable), alors c’est le moment de se résigner à mettre cette plage dans la 2ème colonne, celle des choses que vous ne pouvez pas changer.

Une fois ces 2 listes faites, cela vous donne une visibilité sur ce vers quoi vous pouvez orienter votre énergie et ce pour quoi vous pouvez lâcher prise en acceptant intimement et sincèrement que vous ne pouvez rien y faire avec les ressources que vous avez à votre disposition.

3- Ne laissez pas cette peur couper votre lien à la nature

Accordez-vous des moments dans vos journées ou vos semaines pour renforcer votre lien à la nature. Baladez-vous en forêt ou dans un parc, jardinez pour mettre les mains dans la terre (et la Terre). Profitez de ces moments en conscience des sensations dans le corps, des émotions positives que vous procurent ce lien à la nature. Faites-le avec tous vos sens, écoutez les oiseaux, le bruit des feuilles mortes sous vos pas, sentez les fleurs ou l’humus qui vous entoure, délectez-vous des couleurs, de l’ambiance, touchez les textures des éléments naturels, trouvez peut-être un arbre pour lui faire un câlin, goûtez les fruits que vous cueillez… Si les végétaux ne vous font pas vraiment vibrer, peut-être préférerez-vous faire des papouilles à un chien… ou à un mouton.

En faisant cela, vous vous reconnectez à la force universelle de la nature. Si vous avez l’impression que l’Humanité est en train de faire n’importe quoi, la planète et la nature, elles, activent avec constance leur force vitale, leurs capacités de résilience et de régénération. En passant du temps dans la nature, vous laissez grandir ces capacités aussi en vous.
La nature a cette capacité à mettre au repos notre mental et notre corps, bref, à réduire notre stress, comme le montre cette séquence des Pouvoirs extraordinaires du corps humain (cliquez sur l'image)


4- Orientez votre énergie vers ce qui vous fait du bien

On pourrait passer nos journées à lire des articles, à regarder des émissions et à écouter des podcasts qui nous démontrent à quel point le monde va mal. C’est sûr, on le sait, l’effondrement est proche. Et le pire, c’est que ceux qui ont vraiment le pouvoir de changer les choses ne font pas leur part.

Ok, mais apaiser notre éco-anxiété passe aussi par s’octroyer des moments où on défocalise de ces problèmes. Au-delà de faire vivre nos valeurs et de créer du lien à la nature, il s’agit aussi de dédier du temps à recentrer notre attention sur l’instant présent et à des activités que nous aimons. Qu’on soit passionné de musique ou de musées, de l’Histoire du sport ou des ports, passons du temps à faire ce que nous aimons.
On peut, pendant ces moments, avoir l’impression que l’on serait en train de danser sur le pont du Titanic. Mais il s’agit surtout de recharger nos batteries d’énergie positive, de s’octroyer des moments où on fait simplement autre chose que de laisser notre esprit tourner en boucle sur ce qui nous préoccupe et que nous ne pouvons pas changer. Ces moments sont justement essentiels pour garder les forces et l’énergie de faire vivre nos valeurs.

5- Créez du lien humain

Alors que cette solastalgie peut avoir tendance à vous faire vous replier sur vous-même, en considérant que de toutes façons, il n’y a plus rien à attendre de la race humaine si elle traite la planète de cette manière, parler de nos inquiétudes et de nos sentiments avec d’autres personnes vous aidera à garder une certaine confiance en la bonté humaine. Sans doute vous rendrez-vous compte que d’autres vivent les mêmes émotions que vous. C’est aussi une manière de rendre nos émotions mobilisatrices que de simplement renforcer notre lien aux autres. Cette empathie et ce partage nous permet d’expérimenter des émotions plus agréables.

Soit dit en passant, les autres humains (comme vous), font aussi partie intégrante de la nature. Tisser des relations et vivre des moments de qualités avec les autres, c’est donc aussi ancrer notre lien à la nature.

Par ailleurs, c’est des synergies entre individus que peuvent émerger une intelligence collective. Peut-être cela vous permettra, si vous rencontrez les bonnes personnes, de vous engager vers des projets associatifs qui vous tiennent à cœur par exemple.

6- Accueillez vos émotions

Face au tableau qui nous est dépeint de ce que sera la planète dans les années où nous atteindrons notre espérance de vie, il est tout à fait normal, et je dirais même sain, d’éprouver des émotions pas follement optimistes. Pour certain ce sera un abattement de tristesse, pour d’autres de la colère, pour d’autres encore de la peur et toute sa palette d’émotions voisines.

Ces émotions, aussi désagréables soient-elles, sont positives si on a appris à développer notre intelligence émotionnelle et qu’on sait quoi en faire. Etymologiquement, émotion vient de « mouvement ».  C’est-à-dire qu’une émotion fonctionnelle nous invite à une action, à une mise en mouvement, vers la satisfaction de nos besoins. Accueillez sans chercher à les repousser les différentes émotions que la situation de la planète vous fait éprouver. Sachez interpréter le message que vous envoie le ressenti de telle ou telle émotion et ce qu’elle vous invite à mettre en place.

La sophrologie ou l’EFT peuvent vous permettre d’harmoniser votre lien à vos émotions.

7- Lâchez prise sur votre imperfection

Ne serait-ce que concilier les 6 précédents conseils n’est pas forcément chose facile. Avoir une empreinte carbone nulle, ne produire aucune pollution, disons-le franchement, c’est aujourd’hui un but parfaitement inatteignable. Pour lire cet article (et moi pour l’écrire), nous utilisons des ressources en énergie, en espace (le stockage sur les serveurs), en matériaux (ceux qui composent nos smartphones ou notre ordi). En courant après un but objectivement inatteignable, on court tout droit au burn out. Alors laissez dans votre cœur de la place pour l’idée que vous faites simplement de votre mieux, et que vous êtes parfait dans votre imperfection et entretenez cette bienveillance inconditionnelle envers vous-même.

8- Laissez une place à l'idée que le pire n'est pas certain

Certes, les indicateurs ne sont pas bons. Certes c’est inquiétant. Mais après tout, nous ne savons pas de quoi est fait l’avenir. Peut-être peut-on, en conscience, choisir de croire à l’idée qu’il y a une possibilité que l’Humanité s’en sorte à la fin de l’Histoire, que le cataclysme qu’on nous annonce est peut-être un peu exagéré. Et si, en me lisant, vous vous dites « Mais j’ai pas envie de faire l’autruche moi ! C’est un climatosceptique lui ou quoi ?! », détrompez-vous.

Il s’agit là de faire germer en nous cette idée pour garder notre optimisme face à l’avenir, nous ouvrir les portes des possibles. Faire monter en nous cette espérance et cette vibration énergétique, c’est nous permettre à nous même d’être la personne que nous voulons être dans le monde à venir, c’est nous rendre acteur du monde que nous voulons construire, orienté justement vers l’espérance que la Terre continuera à tourner dans le bon sens pour les humains.

Crédit photo : informedmag.com/