Spécialiste de l’humain

Depuis que je suis installé comme sophrologue, un conseil m’est souvent adressé, pour propulser mon activité : Thomas, spécialise-toi et ne travaille que avec un certain type de clients bien précis.
Et ce conseil vient souvent accompagné d’un petit deuxième : crée des contenus que tu fais une fois et que tu vends en ligne à plein de gens, comme ça tu gagnes des sous longtemps en ayant travaillé qu’une fois.

Peut-être qu’un jour cela deviendra une évidence pour moi, que j’aurai des clients qui répondent à une description bien précise et bien marketée, et que j’aurai même des clients dont je ne connaîtrai ni le nom ni le visage. Et peut-être que cela fera décoller mon activité comme jamais. Peut-être ; à condition que cela fasse sens pour moi, que ça me fasse vibrer, que ça vienne contenter mes valeurs profondes et me procure un vrai sentiment de répondre à un besoin essentiel (que je n’aurai pas créé artificiellement) qui rende le monde meilleur. Je ne suis réellement pas fermé à l’idée.

Pourtant, je tiens à clarifier ici ce qui est pour moi, pour le moment, le sens de mon métier.

Si je devais, comme certains praticiens le font, détailler sur Médoucine, les problématiques que je sais accompagner, que j'aime accompagner, et pour lesquelles j'obtiens des résultats intéressants, voilà probablement à quoi ressemblerait mon outil de réservation :

Tous ces symptômes et ces spécificités sont les différentes facettes d’un même problème : une dissonance entre nos aspirations profondes et notre réalité, qui nous fait éprouver un mal-être tel qu’il nous empêche d’avancer sereinement dans notre vie.
Alors, là maintenant, si je devais avoir une spécialité, ce serait ça : spécialiste en accompagnement global de l'Humain, pour aider chacun à avancer sereinement dans la vie.
Les personnes avec qui je travaille? Les gens qui vivent un stress ou un mal-être, de plus ou moins grande intensité, et éprouvent un besoin de changement pour rayonner joyeusement dans le monde. C'est assez simple, mais ça ne peut pas être trop simpliste. 
Mon slogan n’est pas qu’un slogan .

Le vécu désagréable est par nature complexe et multifactoriel

Prenons l’exemple d’une personne obèse qui éprouve un mal-être. On peut imaginer que la situation est la suivante : elle s’est toujours sentie grosse, mais depuis quelques mois, elle en est au stade que son corps la dégoute. Elle ne se sent nulle part à sa place et elle se demande si le fait de grossir n’est pas pour elle une manière de prendre la place qu’on ne lui accorde pas. Elle sent bien que depuis le décès de sa mère il y a 4 ans, elle a pris 16 kilos de plus. Au travail, elle trouve ses responsabilités totalement inintéressantes, elle est certaine d’être placardisée et n’arrive pas à créer de lien avec ses collègues. Cette situation la déprime et elle sent qu’elle a tendance à boulotter en rentrant du boulot, surtout si elle a le malheur de devoir acheter du pain pour les enfants et qu’elle n’arrive pas à résister à la tentation des mini-beignets au caramel qui lui font de l’œil dans la vitrine.
Toutes ces pensées lui trottent dans la tête 24h/24 et elle est obligée de prendre des somnifères la nuit pour réussir à dormir plus de 5h par nuit.
Elle n’a plus de plaisir à rien et n’arrive pas à mobiliser la moindre énergie pour planifier quoi que ce soit.
Son mari voudrait l’aider, mais à chaque fois qu’ils essaient de parler de la situation, cela finit en clash.
Les seuls moments où elle se sent vraiment détendue, c’est après avoir passé 1h à pleurer, roulée en boule au fond de son lit. Elle se sent comme vidée et ça lui fait du bien. Cela lui arrive de temps en temps, mais elle sait que ce n’est que temporaire.
Tout cela l’empêche de laisser place à ses rêves, et au fond d’elle, elle sait que c’est dommage parce qu’elle est certaine que le monde aurait bien besoin de ses plus belles énergies, mais elle en est totalement incapable en ce moment.

Vous êtes en train de vous dire « Tout de même, elle a pas de bol cette fille de cumuler tout ça. » ? Et pourtant, c’est une situation assez classique, qu’en tant que praticien, nous pouvons être amenés à accompagner. Et nous sommes tous susceptibles d'avoir des moments de grande vulnérabilté, où nous perdons pied, même s'il n'est pas nécessaire d'attendre d'en arriver à ce point pour faire appel à une aide extérieure.

Nous ne sommes pas (que) notre problème!

Vous imaginez-vous à quel point cela serait réducteur de vouloir proposer à cette personne de la "sophrologie pour les obèses" ? Ce dont elle a besoin, c'est aussi, tout en acceptant son obésité, de ne pas être qu'une personne obèse, notamment dans le regard de la personne qui l'accueille et que lui soient ouverts d'autres horizons. C'est cela, aussi, qui permet de panser les blessures du passer pour mieux les transformer pour l'avenir.

Voilà pourquoi j’ai tant de mal à mettre les gens et les potentiels clients dans des cases.
Régler les problèmes de quelqu’un en ne se focalisant que sur un aspect de sa situation, je ne sais pas faire (et je n’aurai pas plaisir à le faire). Et j’ai même vraiment tendance à conseiller de fuir tous les praticiens qui promettent ainsi une solution miracle pour chaque problème.
C’est ce que promettent les régimes aux obèses, pour rester sur ce sujet, et c’est pourquoi ils sont si inefficaces et ne font qu’empirer les choses.

Le stress, le mal-être, est toujours multifactoriel, quand bien même un aspect du problème semble prépondérant. C’est pour cela que le premier rendez-vous, tel que je le propose, est essentiel pour poser les choses, et qu’on ne prenne pas une situation seulement par un petit bout de la lorgnette. Que la personne vienne avec un problème initial, c’est très bien, mais il faut voir ensemble les répercussions que cela a dans son quotidien et dont elle ne se rend peut-être même plus compte, pour mettre en lumière aussi tous les aspects de sa vie qui ont un potentiel d’amélioration, et ce qu’elle attend ou non des séances que nous allons par la suite faire ensemble.

Quelquefois il suffit de quelques outils simples pour retrouver un meilleur sommeil et se laisser surprendre à profiter de nouveau de la beauté des fleurs au printemps. Cet équilibre minimum retrouvé, cela pourra être suffisant à la personne pour continuer à avancer dans la vie, même si elle sait qu’elle n’a pas traité d’autres dossiers sur lesquelles elle n’est peut-être pas encore prête à travailler. Et c’est ok.
Quelquefois, après avoir goûté aux bénéfices de ces outils simples, la personne a envie d’aller plus loin et de continuer à faire bénéficier tous les aspects de sa vie de cette évolution.

L'outil n'est qu'un outil

Mais au-delà des outils, c’est la qualité de la relation humaine créée entre la personne et le praticien qui l’accompagne qui va permettre aux outils d’être efficaces.

L'écoute de chacun dans sa singularité, la bienveillance, la créativité pour proposer des séances personnalisées, qui répondent à ses besoins spécifiques et à son rythme, en piochant dans les différents outils à ma disposition : voilà ce que je sais faire et qui a fait ses preuves. Voilà ma valeur ajoutée.

C’est la confiance mutuelle, la rencontre de cœur à cœur entre 2 humains, en complément des techniques effectuées ensemble, qui fera que la personne retrouvera petit à petit son autonomie dans sa manière de mobiliser les outils et ses propres ressources.

Sinon pourquoi en tant que praticien accueillerions-nous des personnes qui ont déjà utilisé des outils similaires aux notres, juste en regardant des vidéos sur le net?

Nous sommes des êtres sensibles et complexes.
Ce dont nous avons besoin dans un moment de trouble et de vulnérabilité (soit dit en passant, on ne le répétera jamais assez : il est normal d’avoir de telles moments, surtout quand la planète vit aussi ces moments de troubles), c’est ma conviction profonde, c’est d’être accueilli dans notre complexité et notre singularité, par un professionnel qui prend le temps de nous écouter.
C’est notre humanité qui est à même d’apporter des solutions à des problèmes d’humains.