Ma réaction au reportage d’Envoyé Spécial, sur les “médecines alternatives”.

Ce jeudi, Envoyé Spécial nous a gratifié d'un reportage intéressant (bien que peu surprenant selon moi) au titre choc : Médecines parallèles : bons plans ou charlatans? 

Il me semble que ce documentaire soulève des questions intéressantes et je souhaitais donner quelques points d'analyse à votre connaissance. 

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Médecines alternatives, parallèles, complémentaires? 

Personnellement, je n'aime pas le terme de "médecines alternatives". Je préfère parler de "médecines complémentaires" (je pense qu'elles ont vocation à intéragir) ou "médecines douces", voire carrément, quand je peux, supprimer le terme de "médecine".
Savez-vous d’ailleurs que le terme officielle maintenant pour regrouper ces disciplines, c’est « Pratiques de soins non conventionnelles » (ou PSNC) ? Personnellement, que le soin soit mis au centre de la définition, cela me correspond très bien.

Et l'énergétique dans tout ça?

L’écueil du reportage, me semble-t-il, concerne le mépris qui s’en dégage de tout ce qui relève de l’énergétique. Pour Envoyé Spécial c’est assez clair : énergétique = charlatanisme. Il me semble que cette opinion, en 2020, relève d’une vieille vision dépassée et d’un scientisme radical. Je suis heureux, soit dit en passant, que le médecin interviewé par Elise Lucet à la fin du reportage, tout en condamnant les pratiques qui relèvent du charlatanisme et de la mise en danger, pose aussi la question de la pertinence de cette « médecine scientiste, comme quoi, rien n’est tout blanc ou tout noir.

Affirmer avec certitude, aujourd’hui, que l’énergétique ce n’est que de la foutaise, me semble aussi incongru que de nier l’influence de l’Homme dans le dérèglement climatique. Ok boomer ! Personnellement, j’utilise l’EFT, pour libérer les émotions, une technique basée sur l’énergétique et utilisée par de nombreux thérapeutes (des praticiens en PSNC, mais aussi des psychologues, des infirmiers…), et depuis que je l’utilise, cela vient bien souvent accélérer les résultats escomptés en terme de lâcher-prise par rapport à une situation problématique, ou bien d’acceptation. En fait, avec l’énergétique, il s’agit aussi d’utiliser le lien entre le corps, le mental, et les émotions. Il s’agit de s’appuyer sur la force de nos pensées.

Si on prend 2 personnes qui subissent une maladie grave, au même stade de la maladie. L’une a la croyance profonde, qui tourne dans sa tête toute la journée, que « De toute façon je suis foutue. Pour sûr il ne me reste plus que quelques semaines de vie. Et puis c’est très bien comme ça, c’est nul la vie ! ». L’autre malade a lui des pensées du type « J’ai plein de forces en moi pour faire face à cette épreuve. Je fais confiance en les capacités de mon corps à se défendre et je fais confiance en l’équipe médicale qui m’accompagne pour me permettre à sortir au plus vite de cette étape de ma vie ». C’est vraiment révolutionnaire et polémique de dire que ces 2 malades n’auront sans doute pas les mêmes chances d'amélioration de leur état ? Vraiment, en 2020 ?!

Il me semble que c’est évident pour tout le monde (y compris pour 99% du corps médical) que la seconde aura bien plus de chance de s’en sortir, et de s'en sortir plus vite, notamment grâce à l’énergie de ses pensées, qui en quelques sortes, créent sa réalité, même si cela ne semble pas vraiment avoir de preuve scientifique.

La médiocrité n'est pas une spécificité des PSNC

Dans TOUS les métiers, il y a des bons professionnels et des mauvais professionnels : chez les sophrologues, chez les avocats, chez les boulangers... et même (attention, scoop!) chez les médecins. Le diplôme ou le certificat, s'il a une importance, ne fait pas tout. De l'école de sophrologie qui m'a délivré mon certificat après 2 ans et demi de formation, il y a des sophrologues qui en sont sortis avec le même certificat que je pourrais recommander les yeux fermés, et d'autres que j'aurais plutôt tendance à conseiller d'éviter.

Je pense que le critère principal doit être la bienveillance que le professionnel met dans la manière de vous accueillir et de vous proposer les séances. Et pour cela, le meilleur indicateur, c'est : votre intuition.

Un praticien PSNC ne doit pas gérer votre traitement médicamenteux

Si un praticien en médecine douce vous incite à arrêter les médicaments, voire carrément à arrêter de consulter les médecins qui vous suivent, attention! Cela doit quand même allumer un gros girophare rouge dans votre intuition!
Par ailleurs, en terme de sémantique, sachez que seul un médecin sera à même de déterminer un « diagnostic ».

Malgré tout, il faut admettre qu'en tant que praticiens, nous sommes confrontés à un certain nombre de clients qui voudraient bien réduire ou espèrent même arrêter certains médicaments (en particulier concernant somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs...). Cette demande de leur part peut être tout à fait légitime, et avec des raisons tout à fait valables, notamment du fait des effets indésirables qui peuvent être difficiles à supporter. Dans ce cas, pour ce qui me concerne, les techniques que je propose peuvent avoir les mêmes objectifs que les médicaments (gestion du stress, détente, libération du mental, meilleur sommeil), mais je n’ai aucune aptitude à vous conseiller d’arrêter ou non les médicaments prescrits par votre médecin. Cela reste entièrement de son ressort et j'inviterai toujours les personnes à en discuter avec lui avant de prendre toute décision d’arrêt d’un traitement.

La solution, c'est vous!

De manière plus générale, si un professionnel vous dit qu’il a la solution à vos problèmes, que vous n’avez pas à vous inquiéter, qu’il gère tout, et que vous n’avez rien à faire, que peu importe que vous soyez pour ou contre ce qu’il propose ou que vous soyez ou non partie prenante au processus d’évolution, cela devrait aussi, je pense, allumer une petite lumière orange dans votre intuition. C’est notamment ce qui me fait un peu tiquer avec le positionnement de l'access bar.

Je pense, à l’inverse, que vous êtes la meilleure personne à même de savoir et de sentir ce qui est bon pour vous, et que le fruit du succès de toute recherche de mieux-être réside dans l’alliance entre la personne concernée et celles qui l’accompagnent, entre leurs actions combinées.

Quand c'est de vous qu'il s'agit, ne laissez personne vous faire croire que c'est lui qui a les solutions, qu'il n'a aucune explication à vous donner et que peu importe si vous n'y comprenez rien.

Et l'effet placebo, bon plan ou charlatan?

Les deux mon capitaine!
Tout cela vient aussi poser la question de l’effet placebo, que, je pense, il est grand temps de réhabiliter ! L’effet placebo, dans tout traitement où la personne est consciente, est un élément essentiel de la réussite du traitement. Toujours un lien entre le corps, le mental, et les émotions. Je pourrai en écrire un roman sur cette question du placebo (ça viendra peut-être, qui sait ?...), mais je vais me restreindre à cela pour cette fois.

Peut-être est-ce l'ensemble de l'approche des soins qu'il y a à repenser

A un niveau plus d’organisation du système de santé en France, il me semble que la manière dont tant de gens se détournent de la médecine conventionnelle devrait pousser tout le corps médical (et les politiques) à se demander comment nous en sommes arriver là…
Personnellement, fils de médecin, je n’avais jamais vraiment vu de médecin généraliste avant mes 27 ans. Quel ne fut pas mon étonnement de voir qu’au bout de 10 minutes il m’invitait habilement à mettre fin à la consultation et à la régler ! J’avais l'impression qu’on n’avait à peine commencer à discuter de moi et de mes soucis. J’ai compris ensuite que ce n’était pas spécifique à ce médecin, mais que c'était la manière dont les professionnels du système de santé travaillaient. Cela devrait quand même interpeller sur la nature de la relation entre patients et malades…

Je n’ai pas de solution toute faite, mais il me semble que le constat est largement partagé : de plus en plus de patients considèrent qu’ils ne sont pas vraiment écoutés et que donc leurs problèmes ne sont pas abordés dans leur globalité et dans leur complexité, et de l’autre côté, de plus en plus de soignants dans le système de soin conventionnel sont de plus en plus insatisfaits de la relation qu’ils [ne] créent [pas] avec leurs patients.

Alors il me semble que, pour se protéger collectivement des charlatans, plutôt que de jeter l'opprobre sur toutes les médecines alternatives, il serait plus efficace d'améliorer notre système public de santé, pour qu'il arrête de faire fuir tout un tas de gens qui n'y trouvent plus leur compte.

En résumé :

  • Les diplômes et les certificats, même s'ils sont des indicateurs, ne sont jamais une garantie de qualité de l'accompagnement.
  • Sachez distinguer les médecins des praticiens PSNC. Ils ne font pas la même chose mais peuvent être complémentaires.
  • Pour les professions de soins non conventionnées, au-delà du nom de la technique utilisée ou du titre que le praticien se donne, fiez-vous à une chose essentielle : votre intuition